Baclofène contre alcoolisme : « l’important, c’est la dose ! » (24/05/2011)

 

 

Baclofène contre alcoolisme : « l’important, c’est la dose ! »

(24/05/2011)



Les médecins qui soignent l’alcoolisme sont en pleine effervescence, avec la pression de médias relayant des informations sur un médicament « révolutionnaire » contre l’alcoolisme qui suscite de grands espoirs. Le présent mois de mai s’annonce décisif…

Par Pierre Leclerc et Egmont Labadie

Anti et pro-baclofène : les forces en présence



L’utilisation d’un vieux médicament générique pour guérir l’alcoolisme a déclenché une polémique médicale mondiale, loin d’être éteinte. La notion même de guérison définitive de l’alcoolisme est révolutionnaire : « alcoolique 1 jour, alcoolique toujours » était en effet le postulat de base partagé par tous jusqu’en 2004.

En ce mois de mai 2011, après 7 ans de combats menés sur tous les fronts par le cardiologue Olivier Ameisen, le paysage est trés contrasté :

- D’un côté, les « anti-baclofène » s’appuient sur des études officielles, qui n’ont testé cette molécule qu’aux faibles doses utilisées pour le torticolis (autour de 30 mg par jour). Et en France, ils veulent limiter leurs essais à venir à 90 mg. Estimant les doses plus élevées risquées en matière d’effets secondaires ….

- Tandis que les « pro-baclofène » s’appuient sur des résultats obtenus sur le terrain, depuis 7 ans, sur plus de mille patients, à partir de doses étalées sur une large palette : de 30 à 350 mg (dose utilisée par ailleurs pour certaines scléroses en plaque). Ces pro-baclofène estiment que les effets indésirables sont d’ores et déjà gérables …et infiniment moins graves et moins durables que les effets de l’alcoolisme à vie.

Le 23 mai, on saura si le Ministère de la Santé finance enfin (ou non) des études officielles sur des doses élevées, de 100 à 350 mg. Ces « études officielles » étant celles menées après tirage au sort de centaines de malades, la moitié ne recevant qu’un placébo sans intérêt médical,….etc. Mais, en tout état de causes, les premiers résultats ne seraient publiés au mieux que fin 2013, soit le temps de laisser mourir infiniment plus de malades que le médiator n’a fait de victimes. Sans compter les souffrances des alcooliques qui ne meurent pas, et leurs innombrables drames familiaux …

Pierre Leclerc

 

Trois heures de témoignages concordants en vidéo



Les « pro-baclo » de l’association « Aubes » se sont donc réunis en colloque samedi 14 mai à Paris, pour ajouter une pierre de plus à leurs démonstrations. Cette pierre prendra la forme d’une vidéo intégrale du colloque (téléchargeable gratuitement dans quelques semaines). C’est une impressionnante série de témoignages convergents …. bien que d’horizons totalement différents :

- du médecin parisien professeur à l’université Descartes (Philippe Jaury) qui a testé le baclofène sur prés de 200 malades … jusqu’à l’alcoolique de base : les mots ne sont pas les mêmes, mais l’enthousiasme pour le baclofène est identique.

- De l’élégant alcoologue (Pascal Gache) expatrié à Genève …. jusqu’au psychiatre qui coordonne un réseau vauclusien de soins aux drogués, alcooliques et séropositifs (Didier Bry) : les clientèles ne sont pas les mêmes, mais les effets du baclofène sont identiques.

- Du généraliste de 60 ans à Bandol (Bernard Joussaume) …. au jeune psychiatre du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand (Laurent Mallet) : les horizons de carrière sont radicalement différents, mais la conviction que le baclofène est en train de s’imposer « par la base » est la même.

- De la médecin parisienne présidente d’honneur des Alcooliques Anonymes de France (Isabelle Sokolow) …. jusqu’à la maman qui ne trouve pas de médecin prescripteur de bacloféne pour son fils dans toute la Bretagne : les expériences n’ont pas la même dimension, mais les questions posées sont aussi précises que positives.

Au total : 3 heures passionnantes à visionner prochainement sur http://forum-baclofene.fr/ .

Cela semble montrer que le terrible fléau de l’alcoolisme a enfin un remède définitif. Du moins, bien sûr, pour ceux qui veulent et peuvent supporter le traitement, avec le suivi médical et psychologique qui va avec.

Pierre Leclerc

 

Un retentissement international



Par ailleurs, les 2 français qui ont ouvert au monde entier cette voie d’une guérison définitive de l’alcoolisme par le baclofène à haute dose sont très sollicités aux USA :

- le découvreur, Olivier Ameisen (« le dernier verre », chez Denoël) y a été promu Professeur.

- le principal prescripteur, Renaud De Beaurepaire (plus de 300 malades soignés) est cette semaine l’invité d’un de leurs grands colloques nationaux, à Honolulu…

D’autres initiatives en faveur du baclofène à haute dose sont en gestation. Mais aussi des tentatives pour bloquer encore plusieurs années sa généralisation. Et même pour empêcher le financement de son expérimentation officielle. La filière viticole a beaucoup été stigmatisée à cause de l’alcoolisme. Elle aurait donc peut-être intérêt à se positionner sur cette possibilité de réduction drastique de ce fléau millénaire…. Pour leur part, les producteurs d’alcools forts semblent soutenir les « anti baclofène » …

Pierre Leclerc

 

Le baclofène au coeur de la 38ème conférence de l'IREB



La 38ème conférence de l’IREB (Institut de Recherches scientifiques sur les Boissons) du 11 mai dernier a parfaitement illustré le malentendu profond qui persiste dans la communauté scientifique au sujet du baclofène, ce médicament qui peut avoir pour résultat positif de permettre aux patients alcooliques d’enfin parvenir à une consommation modérée ou nulle. Une partie de la communauté scientifique reste dubitative au sujet de ce médicament, pour plusieurs raisons.

En premier lieu, le baclofène agit sur le fonctionnement du cerveau : il inhibe la sécrétion de dopamine, c’est à dire qu’il diminue la satisfaction éprouvée à l’occasion de la consommation d’alcool ; mais il peut avoir d’autres conséquences sur l’encéphale, engendrer des somnolences, des maux de tête, dans certains cas des crises d’épilepsie, voire des tentatives de suicide. De plus, les études en laboratoire qui sont parues à son sujet sont peu nombreuses, contradictoires, et controversées parce que portant sur des types de patients sélectionnés de façon variable (plus ou moins motivés pour arrêter ou diminuer leur consommation d’alcool) et des prises du médicament à doses faibles (30 mg/jour).

A contrario, certains praticiens, comme les docteurs Jaury et de Beaurepaire, sont d’ardents avocats de la molécule. Renaud de Beaurepaire estime que « ses effets secondaires sont parfaitement gérables », qu’elle n’a « pas besoin d’être associés avec d’autres médicaments pour agir », et surtout que « tous les patients répondent très bien quand ils ont la bonne dose. »

La grande divergence entre les deux positions tient donc surtout aux doses à prescrire : les praticiens cités ci-dessus, mais aussi un médecin généraliste présent dans l’assistance lors de la conférence, ne fixent pas de dose maximale à ne pas dépasser, et font varier la dose journalière (qui peut aller jusqu’à 400 mg/jour) en fonction de l’évolution de l’état du patient. Cette solution est cependant toujours rejetée par les autorités sanitaires, puisque la dose maximale prévue par l’autorisation de mise sur le marché du baclofène est aujourd’hui de 80mg/jour, et que la prescription contre l’alcoolodépendance n’est pas reconnue, le médicament ayant été développé à l’origine pour soigner les problèmes musculaires.

Egmont Labadie

 

Anti et pro-baclofène : les forces en présence



L’utilisation d’un vieux médicament générique pour guérir l’alcoolisme a déclenché une polémique médicale mondiale, loin d’être éteinte. La notion même de guérison définitive de l’alcoolisme est révolutionnaire : « alcoolique 1 jour, alcoolique toujours » était en effet le postulat de base partagé par tous jusqu’en 2004.

En ce mois de mai 2011, après 7 ans de combats menés sur tous les fronts par le cardiologue Olivier Ameisen, le paysage est trés contrasté :

- D’un côté, les « anti-baclofène » s’appuient sur des études officielles, qui n’ont testé cette molécule qu’aux faibles doses utilisées pour le torticolis (autour de 30 mg par jour). Et en France, ils veulent limiter leurs essais à venir à 90 mg. Estimant les doses plus élevées risquées en matière d’effets secondaires ….

- Tandis que les « pro-baclofène » s’appuient sur des résultats obtenus sur le terrain, depuis 7 ans, sur plus de mille patients, à partir de doses étalées sur une large palette : de 30 à 350 mg (dose utilisée par ailleurs pour certaines scléroses en plaque). Ces pro-baclofène estiment que les effets indésirables sont d’ores et déjà gérables …et infiniment moins graves et moins durables que les effets de l’alcoolisme à vie.

Le 23 mai, on saura si le Ministère de la Santé finance enfin (ou non) des études officielles sur des doses élevées, de 100 à 350 mg. Ces « études officielles » étant celles menées après tirage au sort de centaines de malades, la moitié ne recevant qu’un placébo sans intérêt médical,….etc. Mais, en tout état de causes, les premiers résultats ne seraient publiés au mieux que fin 2013, soit le temps de laisser mourir infiniment plus de malades que le médiator n’a fait de victimes. Sans compter les souffrances des alcooliques qui ne meurent pas, et leurs innombrables drames familiaux …

Pierre Leclerc

 

 

www.vitisphere.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Olivier Ameisen - Le dernier verre

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